L’histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça

1550, Henri II

Henri II s’élance sous le regard attendri de sa maîtresse, Diane de Poitiers. Cette belle femme blonde plait encore au roi, malgré ses soixante ans. On dit que son inaltérable beauté est due à l’or qu’elle boit tous les jours, en infusion. Cette infusion explique peut être aussi la rapacité légendaire de la dame.

Diane de Poitiers

(Tableau de Clouet DP)

C’était la mode, visiblement, de se faire portraiturer dans son bain. Donc, Diane de Poitiers au bain. Tout aussi visiblement, la notion de blond a changé.

Régence

Immédiatement après la mort d’Henri II, sa veuve prend les choses en main. Elle se nomme Catherine de Médicis. Regardez-la : c’est une petite rondouillarde pourvue de belles jambes et d’une intelligence fine. Pour commencer, elle met Diane de Poitiers à la porte de la Cour et récupère avec jubilation une bonne partie des cadeaux que lui a faits Henri.

Catherine de Médicis

(Photo DP)

Catherine de Médicis avec l’absurde petit col fraise très caractéristique de son époque.

Nouveautés vestimentaires

Pour en finir avec Henri II, notez que c’est sous son règne qu’apparaît, outre la fraise, le vertugadin. Ce nom vient de « vertu-garder ». C’est une armature en fer glissée sous les jupes, censée rendre difficile toute approche galante.

Et en effet…

vertugadin

(Tableau Velázquez source Yorck Project DP)

1572, la saint Barthélémy

Les Parisiens envahissent les rues et commencent à tuer méthodiquement tous les protestants qu’ils rencontrent. Le carnage est effroyable. Trois mille cadavres, pour la plupart émasculés, sont jetés dans la Seine. Dérivant au gré du courant, ils s’en vont pourrir dans les marais de Chaillot. Jetez un œil à ce tableau : il a été peint par un rescapé du massacre, François Dubois. Il est horrible. Même les enfants participent. On en voit deux qui ont passé une corde autour du cou d’un bébé et qui s’amusent à le traîner derrière eux, dans la poussière.

1572, la saint Barthélémy

(Tableau François Dubois source RMN DP)

Famille, je vous hais

Henri III commence alors un règne pénible. Il est harcelé par ses cousins Guise et par son propre frère, l’épouvantable Hercule. Jetons un œil sur ces empêcheurs de régner en rond. D’abord, la famille Guise.

Le chef de famille s’appelle Henri de Guise, dit le Balafré. Rien qu’à voir son portrait, vous comprenez qu’il a aussi du sang royal dans les veines. Et en effet, il descend de François Ier par sa mère, et par le nez.

Guise

(Source base Joconde DP)

 

Frères ennemis

Outre l’encombrant cousin Guise, Henri III doit supporter son dernier frère vivant. Ce frère a été baptisé Hercule. Hélas, Hercule est grand comme une chaise. De plus, la variole lui a dévoré le visage. Et pour finir, il y a ce nez, bien sûr. Le tout fait d’Hercule « l’un des plus laids hommes qui se voyaient ». Il échange donc son encombrant prénom contre celui de François.

Hercule

(Tableau N. Hilliard source Yorck Project sous licence GNU Free Documentation)

 

Chaise percée

L’épouse d’Henri III finira ses jours dans une chambre noire décorée de larmes d’argent. Vous pouvez encore admirer, à Chenonceau, son appartement de veuve éplorée.

On voit bien les larmes d’argent.

Chenonceau

(Photo MFSG sous licence Wikimédia Commons)

L'hôtel Westminster

(AP)

Si vous voulez voir la tombe de cette pauvre femme, allez à Paris, rue de la Paix. Plantez vous devant l’hôtel Westminster. C’est là. Sous vos pieds.

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