Plus crétin de mes personnages

David dolhen

« Dolhen est censé avoir raconté quelques anecdotes sur son enfance. Des générations entières ont pleuré sur ces histoires, notamment celle où le père, émergeant de vingt ans de réclusion criminelle, oppose à l’accueil de son fils le mutisme branlant de ceux que la solitude carcérale a rendu fous. Le problème est qu’en réalité dolhen n’en décrochait pas une et que, faute de confidences, ses biographes ont inventé de toutes pièces les légendes qui leur plaisaient. Je soupçonne dolhen d’avoir été un de ces imbéciles primaires dont le cadavre est peu à peu recouvert par les rêves de malheureux en quête de modèles, comme des figurines en Papier s’entassant sur un cercueil. Cet ahuri charismatique devait avoir un comportement incohérent et ne pas prononcer trois phrases intelligibles par jour bref, il avait l’étoffe d’un héros posthume.  » (p. 126)

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