Danse avec les lutins

Illustrateur : Aurélien Police
Editions L’Atalante
Mai 2019, 240 pages, 16,90 €

Titre original

Donner la parole. Ça n’a pas plu. Une ode à Terry Pratchett. Ca n’allait pas non plus. Grosse hésitation entre Chorale de mouettes et On a oublié les licornes. Et puis voilà.

Temps de rédaction

Deux ans.

Origines

. J’ai déprimé jusqu’à ce que je lise ça. Je me suis dit qu’on tenait peut-être une solution et qu’il fallait l’écrire. C’est ma cure psychanalytique à moi. J’ai aussi pas mal discuté avec une femme qui travaille sur les origines du mal, Françoise Sironi.

Remerciements

Ce livre doit tout à la culture sioux Lakota.

4 de couv’

La fée haussa les épaules :
— Ces jeunes sont aussi agréables qu’une descente de moustiques. Que veux-tu qu’ils fassent de pire que brailler, tout casser, écrire des gros mots sur les murs et flanquer le feu aux charrettes ? Se mettre à descendre tout le monde en pleine rue ?
— Et ton coach sportif, demanda Pétrol’Kiwi en arrachant un étage de champignons d’un coup sec, il a des nouvelles de Figuin, de son côté ?
— Aucune. Je me demande si c’est un signe. Figuin adorait faire du sport. Il n’aimait que ça, à vrai dire.
Pétrol Kiwi se figea, champignons en main.
— S’il a renoncé au plaisir de sa vie, grogna-t-elle, je crains qu’il fasse en sorte que ça ne dure pas trop longtemps.
— Quoi ? D’arrêter le sport ?
— Ça. Ou la vie. »

Un roman de fantasy, avec des elfes, des lutins, des fées, des bourdons magiques… et des métis ogro-nains. Dans l’immense ville de Scrougne, un garçon nommé Figuin vit très mal le racisme et la misère auxquels il est confronté. C’est alors qu’entre en scène un banquier… Froid, inusable, immensément riche, il cherche à l’être plus encore. Il décide de creuser un fossé au milieu de la population, afin de jeter une moitié aux trousses de l’autre – qui lui achètera des armes au passage. Il lui faut un garçon un peu paumé à endoctriner, pour l’envoyer se faire exploser au milieu d’une fête de quartier.

Première page

Il y a longtemps, bien longtemps, la Terre était habitée par la magie.

Fées des arbres et fées des neiges, fées marraines ou carabosses, enchanteurs et sorciers quittaient volontiers le royaume magique pour venir s’encanailler sur la Terre. Ce qui n’allait pas toujours sans heurts puisqu’une fois sur Terre, il leur fallait cohabiter avec Dieu, Son armée d’anges et Sa cohorte de démons. Car Dieu, dans Son infinie Sagesse, contrôlait les deux. Pas Fou.
Les démons ne posaient guère de problème aux fées, étant plus occupés à griffonner des graffitis obscènes au bas des nuages qu’à gâcher les sortilèges féeriques. Mais les anges… Ah ! Les anges.

Puis tout fut fini.
Puis tout recommença.

Un jour, la Terre devint laïque. Sur un coup de Tête, Dieu partit vivre Sa vie sur une comète vagabonde. Il emmena avec lui Son petit personnel. Au même moment, le royaume magique claqua sa porte, la ferma à double tour et cassa la clef dans la serrure. Fées et magiciens, anges et démons disparurent sans retour. Ne restèrent sur place que peu de choses : un noyau de fer liquide, mille kilomètres d’écorce terrestre, une atmosphère riche en oxygène, un écosystème complet et, bien sûr, l’inévitable carton oublié dans la précipitation du départ : une poignée de fées des arbres, trois démons au moins, peut-être autant d’anges, hélas… et des hybrides.

Comme souvent les touristes, les créatures magiques n’étaient pas venues sur Terre pour la seule beauté du paysage, ni pour découvrir des cuisines exotiques, ni même pour le plaisir simple de conduire leur balai comme des sagouins en faisant des gestes obscènes. Les créatures magiques étaient venues sur Terre pour forniquer comme des pistons de trompette. Elles laissèrent derrière elles d’innombrables hybrides : petites ondines de rivière, sirènes en bord de plage, clochettes dans toutes les fleurs, sylvains et dryades dans tous les bosquets, sylphes et sylphides dans chaque courant d’air, elfes principalement bleus, korrigans invariablement roux, métis ogro-nains appelés ograins, minuscules farfadets bioluminescents et même, lutins de champignon (car l’Amour ne connaît pas de frontière ni n’a inventé les lunettes).
Toutes ces créatures se baptisèrent elles-mêmes, puisque plus personne n’était là pour le faire : féeries.

Et le temps passa…

Sources

Il s’agit bien d’une suite à Blanche-neige et les lance-missiles et suivants. On y retrouve des fées mal élevées et, en guest stars, Nounou et Mémé. Les trois jeunes héros s’appellent Velchet, Trousse et Figuin parce que. Pour la même raison, on y croise un ougraah, les monts Tondoac-Retun, des elfes très elfiques – presque laids -, un maigrichon prénommé Havecoque (sixième du nom), un petit Oggam, un commerçant malavisé nommé Tranchet, quelque échauffourées entre le Puntab et Hsort, Unterwald et la vallée du Platch, et une chansonnette intitulée Le hérisson de Mont Groçon.

Par contre, « Courage ! Enfant déchu d’une race divine » est de Lamartine. Et Full fathom five est de Shakespeare, of course. J’ai aussi reçu un peu d’aide de Villon via son célèbre Saura mon col quoi mon cul pèse.

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