Auteur : Catherine DUFOUR

Revue Fiction n° 18

J'ai le privilège de publier quelques lignes au côté des belles photos de Patrick Imbert dans la revue Fiction du printemps 2014. Soirée de lancement à Paris ce vendredi 7 février.

Refaire la ville, changer le peuple [chronique]

L'auteur n'esquive pas le fait que l'architecte a quelque chose à voir avec la laideur suburbaine, mais dénonce ses complices : les banques et les promoteurs. Ainsi que les écoles d'architecture qui recyclent au rabais le savoir des disciplines fondamentales, et dont est issu le minimalisme architectural, cette esthétique de la mondialisation qui multiplie jusqu'à l'indigestion les murs blancs et les sols gris. Dans la même veine, il fait un sort aux écologistes, et surtout à la puissance publique chargée de l'urbanisme pour qui la parole d'un HEC a plus de valeur que celle d'un charpentier ou d'un maçon. Cette bande de petits chefs lui inspire un lapidaire : « Mort aux cons et aux traîtres à la République ! ».

Tous les noms ont été changés [blog]

NOS AMIS LES GENS : CHOCOLATINES
Fille 1 [treize ans] Mais pourquoi tu lui as parlé ? Fille 2 [pas plus] On sortait de teuf, on était tous dans le métro, on parlait tous ensemble sauf lui. Je l'avais remarqué à la teuf, il était déjà tout seul. Vu comment il est ugly, c'est pas étonnant. - Ah il est bien, bien pas beau. - Donc, il était tout seul sur son strapontin, je me suis dit « on peut pas le laisser comme ça ».

Sous la terre [chronique]

« Lorsque ma mère me coucha dans la tombe. » Collins a choisi le plus étrange des narrateurs : l’enfant mort-né de Jessie. C’est la voix du vent et de l’abandon, pleine de terre et d’herbes sèches ; c’est la voix du bush australien.

Les enfants de Marx et de Coca-Cola [chronique]

Né en 1982, Miroslav Penkov a été un de ces jeunes Bulgares qui « passaient leur temps à boire, à fumer, à faire l’amour, à jouer aux dés, à mentir à leurs parents, à partir en auto-stop jusqu’à la mer, à fabriquer de la fausse monnaie ou des bombes pour les matchs de foot ».