Un soleil fauve sur l’oreiller

A mes fils, à qui je lisais les lavandières de nuit racontées par George Sand. Et à Vera Lynn.

 

Le lendemain à sept heures, le réveil prit la parole et dit à Mye :

– Salut, y a quelqu’un là dedans ? Quelqu’un qui peut m’entendre ? Allez, ma fille, j’ai entendu dire que tu te sens mal et je peux t’aider à te remettre sur pied. Relax ! J’ai juste besoin de quelques informations. Peux-tu me dire où ça fait mal ?

– Mais je n’ai pas mal ! répondit-elle dans un demi-sommeil exsangue, je disparais. Comme une fumée de bateau à l’horizon. Je me vois nager, je vois mes lèvres bouger mais je n’arrive pas à comprendre ce que je dis… Je ne suis pas comme ça, d’habitude. D’habitude, je suis plongée dans une confortable léthargie.

– D’accord. Juste une petite dose, alors. Deux-trois cachets, un verre, un patch et ça ira mieux. Peux-tu te lever ? Je crois que ça va le faire. Ca va aller pour la journée.

– Je ne vais nulle part, je m’efface. Tu nages vers moi à travers les vagues, tes lèvres bougent mais je ne comprends pas ce que tu dis. Je suis tombée dans un engourdissement bienheureux.

1 comment for “Un soleil fauve sur l’oreiller

  1. Truc
    26 avril 2016 at 10 h 02 min

    Ahah, sympa l’idée de reprendre les paroles de Pink Floyd pour en faire un texte court!
    Je dois dire que ça rend particulièrement bien sous votre plume.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *