Mater clamosorum

Mater clamosorum

in Magie verte, Ed. de l’Oxymore, coll. Moirage, 2003

Inspirée par une affreuse petite comptine bretonne in La légende de la mort de A. Le Braz.

A Pascale.

 

Les prêtres disaient de ces âmes enfuies qu’elles étaient parties pour tel endroit, ou tel autre, selon leurs mérites, selon des lois obscures, parfois ils parlaient d’un monde meilleur et souvent d’un monde bien pire, mais les hommes ne les croyaient pas. Ils croyaient à la faim qui ronge, au froid qui brûle les chairs, à la vermine qui dévore la peau, au travail qui fatigue les corps, à l’âge qui déforme les os, aux humeurs qui font suppurer le glacis délicat des gencives et des yeux. Pour tous les hommes la vie des spectres, cette existence sans famine et sans labeur, sans teigne et sans gel, sans fièvre et sans plaie, cette permanence de flocon blotti au coin d’une borne leur paraissait enviable, et ils pensaient faire leur Enfer sur Terre.

 

Pour ceux qui ont lu la nouvelle : j’ai trouvé le pont de Rosporden. Avec la pile dans laquelle est emmuré le petit garçon. Ce n’est pas le pont moderne du centre-ville mais un autre, caché dans la forêt. Demandez à l’habitant.

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