Kurt Cobain contre Dr No

L'accroissement mathématique du plaisir

in L`accroissement mathématique du plaisir, Ed. du Bélial, 2008

Au mythiq 27. Sur l’impulsion du précieux Richard Comballot.

 

Le temps passait, le soleil montait, l’air chauffait, Cobain entendait le ressac et les chants des oiseaux. Il n’avait pas faim, il n’avait pas mal à l’estomac, il n’était pas en manque : il n’était rien. Seulement un peu en sueur. Derrière son comptoir, le cuistot agitait de la vaisselle. Toujours assise devant lui, No rêvassait.

– De quoi faut-il parler, ensuite ? finit-elle par demander à mi-voix. De sexe, je suppose.

Cobain sursauta.

– Je vais plutôt chercher une citronnade, dit No avec un sourire. Elle alla derrière le comptoir, en revint et posa entre eux deux un grand pichet embué, rempli d’eau, de glace et de rondelles de citron jaune et vert. Cobain prit un glaçon pour le passer sur sa nuque.

– Je ne me suis pas masturbé depuis des mois, maugréa-t-il, parce que je n’ai plus d’imagination. Je ferme les yeux et je vois mon père, des petites filles, des bergers allemands, des présentateurs de journaux télévisés, mais aucune bombe sexuelle voluptueuse nue aux lèvres pulpeuses grimaçant sous l’extase.

Il but un peu de citronnade :

– Je vois des lézards et des bébés-troncs.

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